BOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUHBOUH_____________ G comme Gabriel, la force de Dieu, son messager. Quelle ironie, le pire des blasphèmes quand on sait...
G comme une autre première fois, mais qui ne se renouvellera pas, un unique indésirable.
G comme cette même personne aux multiples facettes.
Je ne dis pas être surpris, ce n'est pas vrai. J'attendais ce jour autant que je le redoutais. Mais le temps m'a rattrapé, plutôt vite finalement.
Fébrile, je me relève péniblement m'accrochant à la poignée de la porte, je retire vivement mon sac de mes épaules, et tente de retrouver dans ce bazar mes Black Devil©.
Fumer tue, mais pour une personne de plus ou de moins dans ce monde, sincèrement où est le problème ? Il faut bien laisser un peu de place aux générations futures. Après tout, nous ne servons pas à grand chose d'autre que détruire ce qui nous entoure... La vie humaine n'a que peu de valeur quand on y pense, d'autant plus qu'elle ne tient qu'à un fil...
Je me saisis d'un cône de nicotine, et inspecte la chambre un moment. Et enfin, sur la table de chevet, je repère la boîte d'allumette à l'effigie de l'hôtel. Quelques gestes précis, puis la délivrance...
La première taffe est toujours la meilleure, venant troubler mon organisme paisible, la fumée oppressante dans ma gorge, s'avançant jusque dans mes poumons... Et ce goût sucré sur mes lèvres...
Un coup d'½il à mon horloge murale m'indique 16h48. Encore une fois, le temps m'est compté.
La prudence est une seconde nature chez moi, la discrétion est ma devise. Mais il m'a retrouvé. Comment est-ce que je vais découvrir maintenant... Toujours préserver ses arrières.
Bar du "Prestige", 21h59, donc 5h plus tard...
Non, non vous ne saurez pas tout de suite ce qu'il a fait!
A peine arrivé dans la pièce que je l'aperçois, à une tables recluses du fond de la salle. Toujours aussi lui, toujours aussi frustrant. Je m'avance vers lui -toujours sous les regards de tous...- et m'arrête à quelques pas de lui, attendant sa réaction, qui ne tarde pas.
« - Mon petit lion ! » s'exclama-t-il en se levant pour me faire face et m'examiner.
Surnom vestige d'une coupe de cheveux passée. Mais le roi de la jungle n'est pas docile, et il préfère laisser sa compagne chasser pour se nourrir... C'est à se demander d'où lui vient sa réputation.
« - Quel plaisir de te revoir après tant de temps !
- Si tu le dis...
- ... Finalement tu es toujours aussi beau. Je commençais à me demander si je ne t'avais rêvé...»
Et moi je te cauchemarde.
Son enthousiasme s'oppose à ma réserve, mais cela ne semble pas le perturber. Car il l'a remarqué, sans aucun doute possible.
Ses yeux marron pétillent de malice alors qu'il enlace affectueusement ma taille de ses bras musclés. Ses courts cheveux blonds effleurent doucement mon visage, alors que son nez se réfugie dans mon cou pour y humer mon odeur.
L'archange Gabriel dans toute sa splendeur. Avec son physique, quiconque lui cèderait le bon dieu sans confession, et pourtant, pourtant... Si vous saviez comme l'apparence est trompeuse, chez moi mais surtout chez lui.
Sous ces airs d'empoté chaleureux, se cache une âme aussi souillée que la mienne, ou tellement plus. Un enfant démoniaque, comme nous autres.
Derrière ce masque se dessine son... créateur. Un professeur, ou peut-être plus. Il m'a tout appris, ou tout pris, je ne sais plus.
Un sourire satisfait ourle le bout de mes lèvres alors que je réalise que mes doutes, et ma faiblesse ont disparus. Mieux vaut tard que jamais.
Se méprenant sur mes pensées, mon cher ange me répond de ce même sourire si éclatant qu'il m'offrait par le passé et qui me faisait sombrer... Plus maintenant.
« - Bébé ? On s'installe ? »
Bébé ? On fait dans l'intimité maintenant, on laisse le passé ressurgir ? Je fronce les sourcils en comprenant que ce qu'il va me dire ne va pas me plaire, et que sa tentative d'apaisement tombe à l'eau.
« - Simon. le corrigeais-je, laconique et machinal.
- Bien sur, Simon, Fred, John, Antoine, enfin ma puce pas de... Pardonne moi ! » se reprend-t-il, ironique, face à mon expression glaciale.
Enfin assis, accompagnés de nos consommations, sa conversation commence, futile. Il me parle, me raconte sa vie, ses envies, tout cela sous les éclairs de jalousie de chaque personne présente en ces lieux. Je ne fais même pas semblant de l'écouter et le coupe sèchement. Droit au but.
« - Pas de ça avec moi Gustav, je me fous ta vie. Que veux-tu ? »
Ses yeux s'agrandissent de stupeur et me dévisagent hébétés. Un rictus amusé lui apparaît alors qu'il me tend un dossier, tout droit sorti de son sac. J'ouvre le document et me retrouve face à une photo d'un jeune homme, environ mon age, coiffé de dreadlocks. Les yeux noisette me fixent, arrogants, et le sourire sarcastique me fait lever la tête vers mon invité.
« - Je t'écoute. »
« - Je te présente ma nouvelle proie, fils de milliardaire bien sur. Le contrat est géré sur un mois... Mais tu connais la précarité de nos fonction, rien de moins sur...
- Un mois, tu plaisantes ?! Je ne suis pas baby-sitter, trouve quelqu'un d'autre.
- J'ai bien conscience que tu ne... profites jamais de tes... clients, du moins pour de longue durée, mais je te veux sur le coup. Tu es le meilleur, j'ai confiance en toi... »
La confiance est un mot qui n'a plus de sens. Ses mensonges m'agressent, et la colère reprend ses droits sur moi. Parce que chacun de mes gestes ne dépendent que d'elle, parce qu'il relâche sa pression sur cette boîte de damné .
« - J'ai dit non. Ta sagacité t'aurait-elle quitté ? »
Oh oui, t'a-t-elle quitté? Est-elle partie en même temps que moi, dis ? Dis-moi tout. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à la vérité... cette vérité si laxiste.
Le silence apparaît et me répond. Suivi de cette ambiance tendue et pesante s'installant entre nous.
Nos regards s'affrontent, meurtriers.
Je le pousse à bout. Je veux entendre ces mots. Je ne dépends plus de lui, mais en ce moment même, il ne m'est jamais apparu aussi faible, et j'aime cette sensation de domination. Sa peine ne m'affecte plus, alors qu'il butte sur chacun de ses mots et que sa voix ne devient que murmures :
« - Je... J'ai... besoin de toi. »
Je ressens facilement sa ranc½ur face à cet aveu arraché. Rien de plus normal, sachant que nous ne vivons que par fierté, et que je la lui ai fait piétiner.
« - La routine, je t'assure. Qui te permettra de te divertir et te diversifier. Une formation rémunérée si tu préfères. »
Sa voix se reprend, plus assurée.
« - C'est un service que je demande à mon ami d'enfance. Une simple faveur, daignerais-tu accepter? »M.[Pas satisfaite de ce chapitre, et de sa chute... Mais fallait bien passer par là sans trop en dire, comme toujours! N'hésitez pas à donner vos impressions! Bisous!]